L' énergie des vagues dite houlomotrice

 

L'Energie houlomotrice

          Sur la façade Atlantique, la couche des 20 premiers mètres d’eau sous la surface est
balayée la houle, une énergie (en moyenne
) de l’ordre de 2,5kW/m2 de
surface verticale perpendiculaire à la propagation de la houle.
       On chiffre généralement cette puissance en kW par mètre (kW/m).

        Sur la façade atlantique française, la puissance moyenne transmise par les vagues est de
l’ordre de 45 kW par mètre de ligne de côte. En intégrant ces données autour des îles
britanniques on obtient une p uissance de l’ordre de 120GW, soit environ quatre fois la
demande électrique de ce pays (T.Lewis ,1993). Pour la France, le même calcul conduit
à une énergie annuelle de 417TWh, très proche de la consommation électrique totale
annuelle (450TWh en 2000).
Il s’agit là bien sûr d’ordres de grandeur globaux, qui montrent simplement que la
récupération de quelques pourcents de cette ressource constituerait un appoint
a
ppréciable d’énergie.

       Depuis une trentaine d’années, des systèmes dits de première génération ont été testés
dans divers pays (Japon, Inde, Portugal, Royaume-Uni, Norvège). Ils étaient
généralement caractérisés par la construction à la côte de chambres d’eau oscillantes.

                   


Outre l’impact majeur représenté par l’infrastructure côtière, ces systèmes ne peuvent
exploiter que l’énergie qui parvient effectivement au littoral, après dissipation sur les
hauts fonds. Deux centrales de ce type, partiellement financées par la CE, sont
actuellement en production aux Açores (Pico - 0,4MW) et en Écosse (Islay - 0,5 MW)
depuis 2001. Un projet en Polynésie française de technologie Wavegen est en cours de
développement avec le soutien de l’ADEME.


      Les systèmes de seconde génération sont des installations offshore implantées plus au
large. Ils sont conçus pour survivre aux plus fortes tempêtes. L’exemple le plus représentatif à ce jour est la technique Pelamis de Ocean Power Delivery Ltd dont un module de 750 kW a été raccordé au réseau en Août 2004 (Figure 5) (7). Un projet
français de seconde génération (SEAREV) est proposé par l’École Centrale de Nantes et
le CNRS, avec le soutien de l’ADEME. D’autres sont en cours de développement.

 

                   


Les modules offshore peuvent être implantés dans n’importe quelle profondeur d’eau,
quelle que soit la nature du fond, contrairement à l’éolien offshore. On préférera
néanmoins limiter la distance à la côte pour des questions de coût du câblage sous-marin
et des ancrages, ce qui situe la profondeur d’eau typique à 40m pour ces systèmes. Les
impacts visuel et environnementaux sont très réduits et en cours d’évaluation sur les
projets déjà réalisés. Plusieurs modules peuvent être regroupés sous forme de fermes
houlomotrices offshore. Dans un site favorable, on obtient 30MW/km2 (7). La
maintenance est réalisée en zone abritée moyennant un remorquage.

 

 

 

 

      Les efforts passés ont permis de diminuer fortement les coûts de l’énergie d’origine
houlomotrice, comme le montre la figure suivante issue du rapport WAVENET (8).
Le prix de l’investissement est de l’ordre de 1000 à 3000 €/kW, selon la technologie et
les conditions locales. La durée équivalente de fonctionnement à pleine puissance est
typiquement voisine de 4000 h/an.

      Les coûts actuels (50 à 100 €/MWh) sont déjà voisins de ceux des autres énergies
renouvelables. L’effet de série devrait avoir un impact significatif dans le cas d’un
développement suffisant car nous ne sommes qu’au tout début de la courbe
d’apprentissage pour cette filière.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site